Hier soir, quel ne fut pas mon bonheur, allongée sur mon canapé, repue, le petit monstre râleur (ma fille) couché,  de regarder pour la douzième fois, au moins, le film de Chatiliez, : «  Le bonheur est dans le pré » avec Michel Serrault.

Et là, grosse remise en question, suivie d’une déclaration à mon chéri, (lequel était absorbé dans une partie de poker sur le net et me répondait "oui-oui chérie" à tout ce qui sortait de ma bouche ; moi :"atchoum !", et lui de répondre :"oui-oui chérie" ) :

- « Je veux vivre dans le pré ! » femme_cool

Oui, je me vois parfaitement, mince (parce que le travail à la ferme est physique : ça fait de sacrées économies  d’inscriptions en salle de gym !), vêtue d’une belle robe à fleur découvrant subtilement par endroits ma peau diaphane, évoluer avec grâce dans ma jolie ferme, entourée de fleurs des champs. Au moment du goûté de ma louloute, nous nous installerions, elle et moi, à l’ombre d’un saule pleureur, maman sur une de ces charmantes chaises en fer forgé blanches devant une table de même facture, en train de savourer une citronnade (j’adore l’appellation de b_b__parfaitcette boisson, n’est-elle pas chic ?), mon bébé sage, vêtu de blanc immaculé, jouant dans l’herbe à mes pieds, tout cela à côté de ma roseraie exhalée et sans épines.

Les yeux mi-clos, partagée entre l’image sublimée d’un avenir buccolique et le film qui se joue à  la télé, je suis vite ramenée sur terre. La vraie terre qu’il faut labourer, dans la vraie ferme avec de vraies poules dont le popotin est très prolixe !  Je vois la fausse-vraie femme de Michel Serrault dans le film, Carmen Maura,  éviscérer les canards, les déplumer par dizaines… Et je me dis : « Faut ce qu’il faut … Tu pourrais le faire, oui, tu peux, peut-être…. PAS. NaaAAn !

Je me contenterai d’aller passer mes vacances chez tatie Micheline dans le Gers, ou bien j’irai volontiers pic-niquer au parc à côté de la maison. C’est bien, ça ! J’imaginerai que mon siège pliable de camping est en fer forgé… Que les vêtements de ma fille ne sont pas tâchés de vert, irrécupérables d'avoir été traînés dans l’herbe et que ma peau est cristalline plutôt que cramoisie et tartinée d’écran total. Et enfin, je me forcerai à penser que ma ligne est élégante, drapée dans une robe de mousseline blanche ajustée, et non pas cachée sous une tunique bariolée informe, achetée à 3 euros-six-sous sur le marché, pour masquer l’échec de mon régime !

Ahhhhh ! Vivement les vacances !