Ce vendredi 8 mai, mon chéri, « monstreauxplantes », toujours en proie aux douleurs dentaires, et moi, sommes allés jouer les badauds moyens qui font leurs courses les jours fériés. J'imagine d'ailleurs très bien que les employés des magasins ouverts ces jours là ont envie de scalper les consommateurs de base hystériques que nous devons être à leurs yeux, pour pendre, en guise de trophée, le fruit de leur forfaits à leur coiffure. Mais comme y'a peu d'indiens en France, et que les plumes, c'est passé de mode... Nous sommes sauvés.

Donc, direction Ikea, pour dénicher LA commode qui me rendra forcément plus organisée.

Je me vois déjà telle Bree Van de Kamp, alignant mes dessous tous repassés (si si, même les culottes moches) dans de beaux tiroirs spacieux et compartimentés.

Après la visite complète du magasin, d'où découlent des achats impulsifs tels que coussins, torchons et autres boîtes en plastiques inutiles et encombrants, nous arrivons en caisse, la louloute qui râle, affamée et très odorante. 30 secondes suffisent pour la prise de décision, papa s'occupe de payer, maman nourrit et change.

Je me dirige, guillerette, vers le coin bébé pour changer l'ODEUR. Damned ! Une autre mère s'est emparée de la nurserie ! Confortablement installée sur un fauteuil, une jeune femme file le biberon à son nourrisson. Sa poussette barre carrément l'accès de la table à langer. Mais, dans ma grande mansuétude, je reste zen et solidaire. Je fais donc un tour avec ma fille, lui donne son bib et attends patiemment mon tour. 15 minutes plus tard, la table à langer est libre. Je fonce.

Et juste derrière moi, arrive une jeune femme avec son landau. Pour lui éviter l’épreuve d’attente, que j’ai moi-même vécu quelques minutes auparavant, je fais le plus vite possible et le montre à grands renforts de gestes zélés. Je finis de remballer et me lave les mains quand, je l'entends souffler très fort, le visage fermé et le regard jetant des flammes tout droit venues de l’enfer, je vous assure !

Scène imaginée quelques heures après l’affront :

Gros plan sur moi, je tourne la tête vers l’insolente et, le sourire à l’envers, genre moue d’Al Paccino, je tonne, la voix éraillée et le sourcil froncé :

- C’est pour moi qu’tu souffles ? C’est à moi qu’tu parles ? Hein ? C’est à moi qu’elle parle la dame ?! Alors tu ravales ton irritation, tes airs de chui-over-pressée-et-la-fille-devant-moi-est-molle et tu me laisses finir ok, ou sinon j’te scalpe !

Scène issue de la navrante réalité intitulée : Ma faiblesse à son comble. Grrr…

Drapée dans ma dignité, j’ai simplement déclaré sur un imperceptible ton agacé :

- Mais je vous en prie, entrez donc, j'ai fini comme vous le voyez.

- Ouais ! Parce que c'est urgent, pfff ! A répondu la malapprise, son microbe sous le bras.

- Mais j'avais justement libéré le plus vite possible la table pour vous MADAME !

Et je suis partie en reniflant.

Vais probablement faire un stage de scalpe cet été dans une réserve indienne.

indienne Moi dans une autre vie ou bien cet été ?